Un repère conceptuel sert à distinguer des idées que l’on confond facilement. Il ne donne pas une réponse toute faite : il aide à poser une question plus précisément, à comprendre un texte et à construire un raisonnement plus clair.
Le programme précise que les repères ne constituent pas des parties de cours séparées et qu’ils ne doivent pas être réduits à des définitions figées. Cette page est donc un point de départ : chaque distinction doit ensuite être ajustée au sujet ou au texte étudié.
Les 31 repères du programme
31 repères disponibles
La liste officielle, présentée dans son ordre alphabétique.
- Absolu / relatif
- Est absolu ce qui ne dépend pas d’un point de vue, d’une comparaison ou d’une condition extérieure.
- Est relatif ce qui dépend d’une situation, d’un point de vue ou d’une relation avec autre chose.
- Exemples
- Simple — Dire qu’une personne est « grande » est relatif à un terme de comparaison ; une égalité mathématique comme 2 + 2 = 4 prétend valoir indépendamment du point de vue.
- Classique — Chez Spinoza, la substance est pensée par soi, tandis que les modes n’existent et ne se conçoivent qu’en relation avec elle : ils ont une existence dépendante.
- Abstrait / concret
- Est abstrait ce que la pensée considère séparément, comme une idée ou une propriété générale.
- Est concret ce qui existe ou se présente dans une situation précise et que l’on peut rencontrer dans l’expérience.
- Exemples
- Simple — La « rougeur » isolée par la pensée est abstraite ; cette pomme rouge, avec sa forme, son poids et sa couleur, est concrète.
- Classique — « L’humanité » est une notion abstraite ; Socrate est un individu concret, déterminé par une histoire et une situation singulières.
- En acte / en puissance
- Est en puissance ce qui est possible ou présent comme capacité, mais n’est pas encore réalisé.
- Est en acte ce qui est effectivement réalisé.
- Exemples
- Simple — Une graine est une plante en puissance ; la plante développée est cette possibilité passée en acte.
- Classique — Chez Aristote, le bronze peut être une statue en puissance ; le travail du sculpteur actualise cette possibilité et la fait exister en acte.
- Analyse / synthèse
- Faire une analyse, c’est séparer un ensemble en éléments pour mieux les étudier.
- Faire une synthèse, c’est réunir plusieurs éléments pour comprendre comment ils forment un ensemble.
- Exemples
- Simple — Démonter un mécanisme pour examiner chaque pièce relève de l’analyse ; comprendre comment les pièces fonctionnent ensemble relève de la synthèse.
- Classique — Dans sa méthode, Descartes recommande de diviser les difficultés pour les examiner plus clairement, puis de recomposer progressivement l’ordre du raisonnement.
- Concept / image / métaphore
- Un concept est une idée générale que l’on cherche à définir avec précision, par exemple la justice ou la liberté.
- Une image est une représentation sensible ou mentale de quelque chose.
- Une métaphore est une manière de parler d’une chose à l’aide d’une autre, sans vouloir être compris au sens littéral.
- Exemples
- Simple — La liberté est un concept ; des chaînes brisées en donnent une image ; dire « briser ses chaînes » est une métaphore.
- Classique — Descartes compare la philosophie à un arbre : l’arbre est une image et la comparaison des racines à la métaphysique fonctionne comme une métaphore pour organiser des concepts.
- Contingent / nécessaire
- Est contingent ce qui aurait pu être autrement ou ne pas exister.
- Est nécessaire ce qui ne peut pas être autrement, au moins dans les conditions considérées.
- Exemples
- Simple — Le fait d’avoir choisi du café ce matin est contingent ; qu’un triangle ait trois côtés est nécessaire par définition.
- Classique — Leibniz distingue les vérités de fait, contingentes, dont le contraire reste possible, et les vérités de raison, nécessaires, dont le contraire implique contradiction.
- Croire / savoir
- Croire, c’est tenir une idée pour vraie sans disposer forcément de raisons suffisantes pour l’établir avec certitude.
- Savoir, c’est pouvoir tenir une proposition pour vraie en s’appuyant sur des raisons, des preuves ou des vérifications suffisantes.
- Exemples
- Simple — Je peux croire qu’un train est à l’heure parce qu’on me l’a dit ; je peux dire que je le sais après avoir vérifié l’horaire et l’affichage de la gare.
- Classique — Descartes soumet ses anciennes croyances au doute afin de chercher un point qu’il puisse tenir pour un savoir certain : le cogito.
- Essentiel / accidentel
- Est essentiel ce qui appartient à ce qu’une chose est : si on le retire, elle n’est plus la même sorte de chose.
- Est accidentel ce qui peut changer sans que la chose cesse d’être ce qu’elle est.
- Exemples
- Simple — Avoir trois côtés est essentiel à un triangle ; être dessiné en bleu est accidentel.
- Classique — Dans le vocabulaire aristotélicien, Socrate peut être assis ou debout de manière accidentelle, tandis que son appartenance à l’espèce humaine relève de ce qu’il est essentiellement.
- Exemple / preuve
- Un exemple sert à illustrer une idée ou à la rendre plus facile à comprendre.
- Une preuve sert à établir qu’une affirmation est vraie ou suffisamment justifiée. Un exemple, à lui seul, ne prouve généralement pas une règle générale.
- Exemples
- Simple — Voir une voiture rouge donne un exemple de voiture rouge ; cela ne prouve pas que toutes les voitures sont rouges.
- Classique — Dessiner un triangle rectangle donne un exemple ; la démonstration du théorème de Pythagore constitue une preuve valable pour tous les triangles rectangles.
- Expliquer / comprendre
- Expliquer, c’est montrer les causes, les mécanismes ou les règles qui produisent un phénomène.
- Comprendre, c’est saisir le sens d’une action, d’une parole ou d’une situation, notamment les raisons ou les intentions qui l’animent.
- Exemples
- Simple — On peut expliquer une vitre brisée par un choc ; on cherche à comprendre pourquoi quelqu’un a volontairement lancé l’objet.
- Classique — Dilthey a rendu classique la distinction entre l’explication des phénomènes naturels et la compréhension des conduites et productions humaines porteuses de sens.
- En fait / en droit
- En fait désigne ce qui existe ou se passe réellement.
- En droit désigne ce qui doit être, ce qui est permis ou exigé selon une règle, une loi ou un principe.
- Exemples
- Simple — Deux citoyens peuvent être égaux en droit tout en disposant en fait de ressources très inégales.
- Classique — Un pouvoir peut s’imposer de fait sans disposer pour autant d’un titre juridique ou d’une légitimité de droit.
- Formel / matériel
- Est formel ce qui concerne surtout la forme, la structure ou la règle, indépendamment du contenu précis.
- Est matériel ce qui concerne le contenu concret, les éléments réels ou les conditions effectives.
- Exemples
- Simple — Un règlement peut être correct sur le plan formel parce qu’il respecte la procédure ; on peut ensuite examiner ses effets matériels, c’est-à-dire ce qu’il produit concrètement.
- Classique — En logique, « Tous A sont B ; C est A ; donc C est B » décrit une forme de raisonnement ; « homme », « mortel » et « Socrate » en constituent le contenu matériel.
- Genre / espèce / individu
- Un genre est une grande catégorie qui rassemble plusieurs espèces.
- Une espèce est une catégorie plus précise à l’intérieur d’un genre.
- Un individu est un être ou un objet particulier appartenant à une espèce.
- Exemples
- Simple — « Véhicule » peut servir de genre, « voiture » d’espèce, et cette voiture précise d’individu.
- Classique — Dans un exemple classique de logique, « animal » est le genre, « homme » l’espèce et Socrate un individu.
- Hypothèse / conséquence / conclusion
- Une hypothèse est une proposition que l’on suppose vraie provisoirement pour voir ce qu’elle permet d’expliquer ou de prévoir.
- Une conséquence est ce qui découle logiquement ou pratiquement de cette hypothèse.
- Une conclusion est le résultat auquel on arrive après le raisonnement, l’observation ou l’expérience.
- Exemples
- Simple — Si j’émets l’hypothèse que la batterie est vide, j’en tire la conséquence que l’appareil devrait redémarrer après recharge ; le test permet ensuite de formuler une conclusion.
- Classique — Chez Claude Bernard, le savant formule une hypothèse, en déduit des conséquences observables, puis confronte l’expérience à ces attentes avant de conclure.
- Dans les textes
- Idéal / réel
- Est idéal ce que l’on se représente comme un modèle, un but ou une forme parfaite, même si cela n’existe pas exactement ainsi.
- Est réel ce qui existe effectivement, avec ses limites et ses conditions concrètes.
- Exemples
- Simple — L’appartement parfait que j’imagine est un idéal ; celui dans lequel je vis avec ses qualités et ses défauts appartient au réel.
- Classique — En philosophie politique, un modèle de société juste peut fonctionner comme idéal permettant d’évaluer les institutions réelles sans se confondre avec elles.
- Identité / égalité / différence
- L’identité désigne le fait d’être le même être ou la même chose.
- L’égalité signifie que deux choses ont la même valeur, la même quantité ou le même statut selon un critère précis, sans être forcément identiques.
- La différence désigne ce par quoi deux choses ne sont pas les mêmes.
- Exemples
- Simple — Deux pièces de 2 € ont une valeur égale, mais elles ne sont pas identiques : ce sont deux objets différents.
- Classique — Deux citoyens peuvent être égaux devant la loi sans être identiques comme personnes ; leurs différences n’abolissent pas leur égalité juridique.
- Impossible / possible
- Est possible ce qui peut exister, arriver ou être réalisé.
- Est impossible ce qui ne peut pas exister, arriver ou être réalisé, soit parce que c’est contradictoire, soit parce que certaines conditions l’empêchent.
- Exemples
- Simple — Un cercle carré est logiquement impossible ; qu’il pleuve demain est possible, même si cela ne se produira peut-être pas.
- Classique — Chez Leibniz, une chose est dite possible lorsqu’elle n’implique pas contradiction ; tous les possibles ne sont pourtant pas effectivement réalisés.
- Intuitif / discursif
- Est intuitif ce que l’esprit saisit directement, sans passer par plusieurs étapes de raisonnement.
- Est discursif ce que l’on comprend ou démontre en avançant étape par étape dans un raisonnement.
- Exemples
- Simple — Reconnaître immédiatement une couleur relève d’une saisie intuitive ; résoudre un calcul en plusieurs étapes relève d’une démarche discursive.
- Classique — Descartes distingue l’intuition de vérités simples et la déduction, démarche discursive qui enchaîne plusieurs évidences.
- Légal / légitime
- Est légal ce qui respecte les lois en vigueur.
- Est légitime ce qui paraît justifié, juste ou digne d’être reconnu. Une chose peut donc être légale sans être jugée légitime.
- Exemples
- Simple — Une décision peut être parfaitement légale tout en étant contestée comme injuste et donc jugée illégitime.
- Classique — Thoreau défend la possibilité d’une désobéissance légitime à certaines lois pourtant légales lorsqu’elles font de l’individu l’agent d’une injustice.
- Dans les textes
- Médiat / immédiat
- Est immédiat ce qui est donné ou connu directement, sans passer par un intermédiaire.
- Est médiat ce qui est connu grâce à un intermédiaire, par exemple un témoignage, un instrument, un signe ou un raisonnement.
- Exemples
- Simple — Ma douleur m’est donnée de manière relativement immédiate ; ce qui se passe à l’autre bout du monde m’est connu de façon médiate par des témoignages ou des instruments.
- Classique — Dans le rationalisme cartésien, certaines vérités simples sont saisies par intuition, tandis que d’autres connaissances sont acquises de manière médiate par déduction.
- Objectif / subjectif / intersubjectif
- Est subjectif ce qui dépend du point de vue, des sentiments ou de l’expérience d’une personne.
- Est objectif ce qui cherche à ne pas dépendre d’un point de vue personnel et peut être vérifié à l’aide de critères communs.
- Est intersubjectif ce qui peut être partagé, discuté ou vérifié par plusieurs personnes grâce à des règles communes. Un accord entre plusieurs personnes n’est pas automatiquement une vérité objective.
- Exemples
- Simple — « J’ai froid » décrit une sensation subjective. Un thermomètre donne une mesure qui vise l’objectivité. Plusieurs personnes peuvent vérifier ensemble le même protocole : la vérification est intersubjective.
- Classique — En science, la reproductibilité par plusieurs chercheurs est une procédure intersubjective qui contribue à établir l’objectivité d’un résultat sans supprimer les expériences subjectives des observateurs.
- Obligation / contrainte
- Une obligation est une règle ou un devoir que l’on doit respecter, même si l’on reste capable de désobéir.
- Une contrainte est une force, une pression ou un obstacle qui limite fortement notre possibilité d’agir autrement.
- Exemples
- Simple — Une promesse m’oblige, même si je reste physiquement capable de la trahir ; une porte verrouillée qui m’empêche de sortir exerce une contrainte.
- Classique — Dans le mythe de Gygès rapporté par Platon, Glaucon demande si les hommes respectent la justice par véritable obligation ou seulement sous la contrainte des sanctions.
- Dans les textes
- Origine / fondement
- L’origine indique d’où vient une chose, comment elle a commencé ou dans quelles conditions elle est apparue.
- Le fondement indique ce qui permet de justifier une idée, une règle ou une autorité. Expliquer d’où vient une règle ne suffit donc pas à montrer qu’elle est juste.
- Exemples
- Simple — Une règle peut avoir pour origine un accident ancien, tandis que son fondement actuel est la sécurité qu’elle permet de garantir.
- Classique — Le contrat social chez Rousseau ne doit pas être lu comme le récit historique de l’origine des sociétés, mais comme une recherche du fondement légitime de l’autorité politique.
- Persuader / convaincre
- Persuader, c’est obtenir l’adhésion de quelqu’un en agissant notamment sur ses émotions, ses désirs ou sa confiance.
- Convaincre, c’est chercher l’adhésion surtout par des raisons et des arguments que l’autre peut examiner. Dans la réalité, les deux peuvent se mélanger.
- Exemples
- Simple — Une publicité peut chercher à persuader par la peur ou le désir ; une démonstration cherche à convaincre par des raisons examinables.
- Classique — Dans le Gorgias, Platon oppose la puissance de persuasion de la rhétorique à l’examen rationnel du dialogue, qui vise davantage une adhésion fondée sur le vrai.
- Dans les textes
- Principe / cause / fin
- Un principe est une règle ou une idée de départ qui guide un raisonnement ou une action.
- Une cause est ce qui produit un phénomène ou contribue à le produire.
- Une fin est le but que l’on cherche à atteindre.
- Exemples
- Simple — « Ne pas mentir » peut guider l’action comme principe ; une panne peut avoir une cause électrique ; réparer l’appareil a pour fin de le rendre utilisable.
- Classique — Chez Aristote, comprendre une chose peut demander de distinguer plusieurs types de causes, dont la cause finale : la fin en vue de laquelle elle est produite ou agit.
- Public / privé
- Est public ce qui concerne la vie commune, les institutions ou ce qui est accessible à tous selon des règles communes.
- Est privé ce qui concerne surtout une personne, un petit groupe, l’intimité ou un espace qui n’est pas ouvert à tous.
- Exemples
- Simple — Une délibération du conseil municipal relève de la sphère publique ; un journal intime appartient à la sphère privée.
- Classique — La philosophie politique moderne discute la frontière entre ce qui doit relever de la loi et de l’espace public et ce qui doit rester protégé dans la vie privée des individus.
- Ressemblance / analogie
- Il y a ressemblance lorsque deux choses ont des traits similaires.
- Il y a analogie lorsque deux choses ont des relations ou des fonctions comparables, même si elles ne se ressemblent pas directement.
- Exemples
- Simple — Deux visages peuvent se ressembler ; comparer le fonctionnement du cœur à celui d’une pompe construit une analogie de fonction.
- Classique — Dans La République, Platon établit une analogie entre le Soleil et le Bien : il ne dit pas qu’ils se ressemblent, mais qu’ils jouent des rôles comparables dans deux domaines différents.
- Théorie / pratique
- La théorie est un ensemble organisé d’idées, de concepts ou de règles qui sert à comprendre ou expliquer quelque chose.
- La pratique est l’action réelle : faire, expérimenter, appliquer un savoir ou exercer une activité. La pratique peut confirmer, corriger ou compléter la théorie.
- Exemples
- Simple — Lire un manuel de natation donne des connaissances théoriques ; savoir nager suppose une pratique effective.
- Classique — En médecine, la théorie physiologique éclaire l’action, mais la pratique clinique exige aussi un jugement adapté à chaque cas et peut conduire à réviser la théorie.
- Transcendant / immanent
- Est transcendant ce qui se situe au-delà ou à l’extérieur de ce que l’on étudie et ne se réduit pas à son fonctionnement interne.
- Est immanent ce qui se trouve et agit à l’intérieur même de ce que l’on étudie.
- Exemples
- Simple — Une règle imposée à une classe par quelqu’un qui lui est extérieur vient d’une autorité transcendante à la classe ; une règle que le groupe se donne lui-même vient de son fonctionnement immanent.
- Classique — Spinoza refuse de penser Dieu comme une cause transcendante séparée de la nature : Dieu est pour lui cause immanente de toutes choses.
- Universel / général / particulier / singulier
- Est universel ce qui vaut pour tous les cas concernés, sans exception.
- Est général ce qui concerne une catégorie ou plusieurs cas à la fois, sans désigner un individu précis.
- Est particulier ce qui concerne seulement une partie des cas.
- Est singulier ce qui concerne un seul être, un seul objet ou un seul événement précis.
- Exemples
- Simple — « Chien » est un terme général ; « tous les chiens sont des mammifères » est universel ; « certains chiens sont guides » est particulier ; Médor est un cas singulier.
- Classique — En logique classique, « homme » est un terme général, « tous les hommes sont mortels » une proposition universelle, « certains hommes sont philosophes » une proposition particulière et « Socrate est mortel » une proposition singulière.
- Vrai / probable / certain
- Est vrai un énoncé lorsque ce qu’il affirme est bien le cas.
- Est probable ce qui a de bonnes chances d’être vrai, sans être complètement établi.
- Est certain ce dont on ne doute pas ou que l’on considère comme solidement établi. Mais on peut parfois être certain et pourtant se tromper : certitude et vérité ne sont donc pas exactement la même chose.
- Exemples
- Simple — Il est probable qu’il pleuve si la météo annonce 80 %. Je peux être certain d’avoir fermé la porte et me tromper. L’affirmation est vraie seulement si la porte est réellement fermée.
- Classique — Descartes cherche avec le cogito une proposition à la fois vraie et certaine, tandis que de nombreuses connaissances empiriques restent soutenues avec des degrés de probabilité.
Liste vérifiée dans le programme officiel de philosophie de Terminale générale. Les définitions et exemples sont des formulations pédagogiques.
Comment utiliser un repère dans une dissertation et en explication de texte ?
Un repère est utile lorsqu’il permet de faire une distinction qui change vraiment le raisonnement, qui permet d’éclairer l’ensemble. Il ne faut pas le placer pour « faire savant », mais parce qu’il aide à mieux comprendre le sujet ou le texte.
Faire travailler la distinction
- Repère une ambiguïté. Demande-toi si un mot du sujet peut avoir plusieurs sens.
- Fais la distinction au bon moment. Elle doit aider à poser le problème ou à répondre à une difficulté.
- Montre ce que cela change. Explique pourquoi la distinction modifie la réponse possible au sujet.
Légal / légitime permet de demander si le fait qu’une règle respecte la loi suffit à la rendre juste. Obligation / contrainte permet ensuite de distinguer le fait d’obéir parce qu’on pense devoir le faire et le fait d’obéir parce qu’on y est forcé ou menacé.
Clarifier ce que fait l’auteur
- Pars des phrases du texte. Cherche une opposition ou une différence importante dans le raisonnement de l’auteur.
- Nomme la distinction. Le repère peut t’aider à dire clairement ce que l’auteur distingue, même s’il n’emploie pas exactement ces mots.
- Reviens toujours au texte. Le repère aide à expliquer les phrases ; il ne doit jamais les remplacer.
Dans le passage de Platon, obligation / contrainte aide à poser une question simple : sommes-nous justes parce que nous pensons que nous devons l’être, ou seulement parce que nous avons peur des sanctions et du regard des autres ? Voir le texte.
Les confusions les plus fréquentes
Quelques erreurs reviennent souvent. Les éviter permet déjà de rendre une copie beaucoup plus précise.
Croire ne veut pas dire « inventer sans raison ». Une croyance peut être bien argumentée. Mais pour parler de savoir, on demande des raisons ou des vérifications plus solides.
Un exemple montre qu’une idée peut arriver ou aide à la comprendre. Il ne suffit pas, à lui seul, à prouver une règle générale.
Une règle peut respecter la loi et pourtant sembler injuste. « Légal » demande : est-ce conforme au droit ? « Légitime » demande : est-ce justifié ou juste ?
Une obligation me dit ce que je dois faire, mais je peux encore désobéir. Une contrainte réduit fortement ma possibilité de faire autrement.
Savoir comment une règle est née ne dit pas encore pourquoi elle serait juste ou valable. L’origine explique son commencement ; le fondement cherche sa justification.
Si plusieurs personnes sont d’accord, leur accord est intersubjectif. Pour parler d’objectivité, il faut aussi des critères ou des méthodes qui permettent de contrôler les points de vue personnels.
Un mot général peut désigner toute une catégorie, comme « chien ». Une proposition universelle affirme quelque chose de tous les cas : « tous les chiens sont des mammifères ».
Être certain, c’est ne pas douter. Mais on peut être très sûr de soi et se tromper. La vérité dépend de ce qui est réellement le cas.
S’entraîner pour retenir et utiliser les repères
Trois façons de réviser : retrouver une définition, choisir le bon repère dans une situation, ou associer cinq repères à des définitions reformulées sans reprendre les mots-réponses.
Exemples d’autres repères
Les 31 repères du programme ne sont pas les seules distinctions utiles en philosophie. En voici quelques autres, très fréquentes.
A priori / a posteriori
A priori : ce que l’on peut connaître sans avoir besoin de cette expérience particulière. A posteriori : ce que l’on apprend grâce à l’expérience.
Descriptif / normatif
Descriptif : dit comment les choses sont. Normatif : dit comment elles devraient être ou ce qu’il faudrait faire.
Nécessaire / suffisant
Une condition est nécessaire si elle doit être présente. Elle est suffisante si, à elle seule, elle permet d’obtenir le résultat.
Validité / vérité
La validité concerne la forme d’un raisonnement : la conclusion suit-elle bien des prémisses ? La vérité concerne ce que disent les propositions.
Autonomie / hétéronomie
Être autonome, c’est se donner à soi-même une règle que l’on reconnaît comme valable. Être dans l’hétéronomie, c’est recevoir sa règle d’une autorité, d’un désir ou d’une force extérieure.
Déterminisme / fatalisme
Le déterminisme affirme qu’un événement a des causes qui l’expliquent. Le fatalisme affirme que ce qui doit arriver arrivera quoi que nous fassions.
Ces distinctions ne font pas partie de la liste officielle des 31 repères : elles sont proposées ici comme prolongement.
Mettre les repères au travail dans les textes
Les fiches de lecture permettent de retrouver ces distinctions dans une argumentation réelle, avec des questions directrices et des notions associées.
